Dans le geste de Claire Mériel, qui n'a rien de ce que l'on pourrait nommer "féminin", tant l'artiste est d'abord "peintre", on trouve plain-pied les notions d'espace et d'intemporalité du paysage. C'est alors une succession de tâches spontanées et à la fois maîtrisées qui obstruent à la toile la vision de celui qui se l'approprie en sa qualité de "voyeur". Formes nuagées, formes plus houleuses, formes domptées tel est ici, le rapport -toujours juste- entre le ciel et la terre selon l'ensemble des caprices qui peuvent se présenter. Mais si l'horizon parfois "tempête", dans le travail de Claire Mériel, jamais la peinture ne devient un sujet qui pourrait faire basculer dans l'anecdote ! Elle prend à son compte la vision de Pierre Bonnard (sans aucun lien avec la manière du «Nabi Japonard») qui consistait à choisir un sujet dans la nature et -de suite- le rendre à la peinture, c'est à dire que chez Claire Mériel, la matière, le dessin, la couleur et la lumière font corps au seul service de l'émerveillement, qui toujours doit poindre au dedans du geste peint...
Bernard Gouttenoire
critique d'art & expert
Alger-Lyon octobre 2010